Présentation

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Pourquoi un tel projet ?

Un long parcours de pédagogues, éducateurs spécialisés, psychologues ou juristes intéressés à l’enfance en danger et à ses conséquences nous a conduits à concevoir le projet qui suit.

La fréquentation de quartiers qualifiés de difficiles avec leur cortège de souffrances sociales et psychologiques nous a révélé l’urgence d’instaurer une prévention en amont des violences exprimées par certains enfants et adolescents, toujours synonymes pour nous de souffrances personnelles sédimentées…

Le choix des services de l’ASE, d’éviter le plus possible les placements ou de les organiser dans l’environnement proche de l’enfant, ne nous semble pas exclure les placements sur le long terme avec mise à distance de la structure familiale.

Ces placements s’adressent à des enfants piégés au sein de logiques familiales lourdement pathologiques, entraînant des maltraitances ou des dangers difficilement dépassables dans une courte durée et nécessitant souvent un lien médiatisé avec la famille ou l’absence de lien sur la durée.

Notre pratique professionnelle, pluridisciplinaire, nous place malheureusement en situation de rencontre de plus en plus fréquente d’enfants et d’adolescents en danger durable.

  • Comment organiser un espace suffisamment sécurisant et exigeant qui offre aux enfants puis aux adolescents faisant l’objet d’un placement, à  la fois les ressources pour recoudre une identité blessée, mais aussi pour leur permettre de se propulser dans un avenir choisi ?
  • Comment matérialiser le lien aux familles – quelles qu’en soient les pathologies – afin de permettre à  ces enfants et adolescents d’apprivoiser les raisons de la maltraitance et des dangers infligés par leurs propres géniteurs et préparer ainsi le retour (ou non) choisi par l’enfant, dans les familles, à  plus ou moins long terme, à  partir d’une identité restaurée ?

Le projet qui suit tente d’aborder et de répondre à ces questions en intégrant les recommandations de la loi sociale de 1975 révisée en janvier 2002.

Justifications théoriques

Nous avons choisi de laisser à  Boris Cyrulnik le soin d’introduire ce projet qui concerne particulièrement les enfants en souffrance affective et cognitive.

«  La résilience (« La résilience est la capacité, pour une personne confrontée à  des événements très graves, de mettre en jeu des mécanismes de défense lui permettant de tenir le coup, voire de ‘rebondir’ en tirant profit de son malheur » Catherine Vincent, Le Monde, 2/02/2003) constitue un processus naturel où ce que nous sommes à  un moment donné doit obligatoirement se tricoter avec ses milieux écologiques, affectifs et verbaux. Qu’un seul milieu défaille et tout s’effondrera. Qu’un seul point d’appui soit offert et la construction reprendra ».

Un faisceau de recherches, d’observations, de dialogues avec des enfants, des éducateurs, des psychologues et des parents est à  l’origine de ce projet étayant peu à  peu la conviction selon laquelle lorsqu’il s’agit d’enfants :

  • « rien n’est jamais joué d’avance »
  • l’organisation d’un contexte psycho-affectif respectueux et bienveillant est à  l’origine de bien des résiliences et des progrès.

Mais rares sont les lieux de vie et d’apprentissage qui offrent à la fois les ressources affectives à l’enfant désorienté et les contenus éducatifs et scolaires qui lui permettront de grandir et de s’autonomiser pour atteindre une image de soi sociale et personnelle restaurée.

C’est un tel espace que nous avons créé.

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Le projet éducatif « la Vie pour École » invente un espace social intégrant la personne au monde. Il prétend ainsi modestement participer à  la transformation des pratiques éducatives qui accompagnent les métamorphoses individuelles et collectives dont témoigne l’histoire de nos sociétés et auxquelles n’échappent pas les enfants considérés.

« La Vie pour École » se situe dans le courant philosophique des pédagogies Freinet et Decroly, du mouvement de l’École Moderne, et dans le sillage de Boris CyrulnikFrançoise Dolto et Alice Miller, Maurice BergerMyriam David et Hana Rottman pour l’approche pédo-psychiatrique et psychanalytique, Jérôme Bruner pour l’entrée psycho-sociologique, André Giordan dans le champ psychopédagogique.